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Les fintechs vont-elles vendre vos données… – Le Revenu – 16/05/16

Les fintechs vont-elles vendre vos données personnelles et financières ?

Pouvez-vous faire confiance aux fintechs, aux banques et assureurs sur l’exploitation commerciale qu’ils peuvent en faire ? Le débat ne fait que commencer.

Tous les établissements collectant vos données bancaires ou patrimoniales peuvent désormais les enrichir en scrutant vos comportements sur la toile, en y relevant vos paiements par carte… afin de vous adresser des promotions ciblées, des propositions de placements au nom d’un certain coaching financier ou encore vous décourager de partir à la concurrence… Comme l’explique Jean-Philippe Poisson, associé Fondateur d’Elia Consulting «Plus vous avez d’informations sur vos clients, plus avez la capacité de les comprendre et de leur faire des propositions adéquates».

Ce traitement des données «ou big data» inquiète d’autant plus qu’il s’accompagne d’un développement du partage des données, l’«open data», encouragé notamment par le projet de loi pour une République numérique et par la deuxième directive sur les services de paiements (DSP 2) dont l’application est prévue pour 2018.

Or, nombre d’experts s’accordent à dire que de nombreuses zones d’ombre subsistent. Dans lesquelles les acteurs financiers pourraient s’engouffrer. L’Autorité de la concurrence s’apprête elle-aussi à traduire une étude réalisée avec son homologue allemande sur les usages du big data, publiée en anglais, qui s’interroge, entre autres, sur les nouveaux rapports de force qu’il engendre.

De fait, à l’instar des Google et Facebook qui suivent vos navigations sur la toile et monétisent vos données (un compte facebook avec une information et une adresse vaudrait 10 euros), les acteurs financiers récupérent des informations sur les actifs bancaires, les comportements financiers mais aussi sur les abonnements à internet, les dépenses par carte bancaire de leurs clients. Plus ils établiront de statistiques comportementales, plus leurs fichiers prendront de la valeur. Pour en juger, il suffit de voir l’inflation des bonus de 80 euros que les banques en ligne vous offrent pour l’ouverture d’un compte, ou de 120 euros par les assureurs vie. Ces bonus ne constituant qu’une partie du coût d’acquisition d’un client qui s’élève facilement à 400 euros.

Détecter un projet d’achat immobilier

Aujourd’hui, les acteurs de la finance n’en sont qu’au tout début de l’exploitation des données. «Nous avons de grands chantiers avec de grandes banques autant pour détecter les signaux faibles des clients et lutter contre leur attrition que pour faire des campagnes marketing sur le Web», indique Luis Calleja, directeur associé de la société de conseil spécialisée dans la mise en place de plateformes de données, Oresys.

Il s’agit par exemple d’envoyer à ses clients des contre-propositions dès lors qu’on s’aperçoit qu’ils consultent les produits de concurrents comme sait déjà le faire Axa. De leur envoyer un mail de relance quand ils ont interrompu une souscription. De recontacter un jeune qui vient de faire des mouvements sur son compte, signe d’un possible changement de banque….

L’objectif, élaborer des cartographies qui permettent de segmenter les détenteurs de PEA, d’assurance vie, de crédits, de dépenses par cartes bancaires, et de les croiser avec des critères personnels d’adresse, d’âge, de navigation sur internet… De quoi trouver ou retrouver les bons prospects des sociétés d’assurance-vie, de crédit, d’affacturage, voir même de conclure des opérations avec de grands marchands. A l’avenir les banques ou les fintechs pourront détecter un projet immobilier et vous dire « voilà ce que vous pouvez constituer comme apport, vous proposer des maisons (scannées) et vous faire une offre de crédit.

Les banques américaines ont déjà conclu des opérations commerciales en accord avec des sites comme Amazon, « Ces opérations n’ont pas encore été franchement couronnées de succès», indique Matthieu Soulé, analyste senior à l’Atelier BNP Paribas US. «Nous n’utiliserons jamais nos fichiers pour envoyer une publicité ciblée aux hommes de 45 ans à 55 ans clients de Castorama», affirme Olivier Scherschel, responsable de la distribution multicanal au Crédit Agricole d’Ile-de-France. Frédéric Jacob-Peron, à la Société générale, partage la même éthique : «Ce qui nous guide, c’est l’acceptabilité par le client ».

Mais on sent bien des velléités en France. Boursorama à travers sa boutique en ligne et le Crédit Mutuel vous aident déjà à acheter vos véhicules automobiles. Le premier fait des propositions de véhicules d’occasion, le second vous garantit le meilleur prix. De son côté, LCL a lancé un service de récompense «cash back» sur vos achats par carte bancaire, ouvrant la voie à une exploitation des données commerciales.

Un abonnement premium pour l’ouverture d’une assurance vie

Les fintechs ont moins d’appréhension et plus d’agitilité technologique. Les agrégateurs de comptes bancaires Bankin’, Linxo (qui a fait entrer à son capital le Crédit Mutuel Arkéa et le Crédit Agricole), gerermescomptes.com, Fiduceo (rachetée par Boursorama), adressent, sous prétexte de coaching financier, de la publicité ciblée pour des produits financiers. De quoi compléter leurs revenus tirés de quelques abonnements premium et de divers travaux de sous-traitance.

Ces gestionnaires de finance personnelle qui catégorisent vos dépenses et font des analyses budgétaires sont en croissance rapide : «Quelques centaines de milliers de clients actifs comme en ont Bankin’ et Linxo permettent déjà de constituer des statistiques intéressantes», estime Joël Gaudeul, directeur des opérations de la plateforme de crowdfunding Bolden. Ensuite, l’étendue des données collectées sur vos dépenses et ressources qu’ils sont amenés à collecter leur permettent de constituer des statistiques comportementales très utiles pour tous les acteurs en quête de clients.

«Les établissements financiers nous sollicitent pour que nous promouvions leurs produits auprès de clients répondant à certaines caractéristiques. En analysant les profils de nos clients, nous pouvons voir quels sont les produits les mieux adaptés», explique Bruno Van Haetsdaele, président cofondateur de Linxo qui a déjà proposé à ses clients d’investir dans les prêts participatifs de credit.fr et d’ouvrir des comptes dans les banques en ligne Fortuneo et BforBank… Il propose aussi un an d’abonnement premium à ceux de ses utilisateurs qui souscriraient une assurance vie du robo-advisor Yomoni.

Lire la suite de l’article sur le site lerevenu.com.

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